L’affaire des « Fattaras » en appel

0

Les quatre « fattaras » condamnés, jeudi,  par le tribunal correctionnel de Bizerte à un mois de prison pour « outrage public à la pudeur » après avoir mangé dans un jardin public en plein Ramadan, sont laissées en liberté. Ils doivent interjeter appel dans un délai de dix jours sous peine d’être incarcérés.

Dans une déclaration à l’AFP, le procureur de la république près du tribunal de première instance de Bizerte, Mongi Boularès, a expliqué que les quatre hommes avaient provoqué la colère d’habitants de la ville en mangeant et en fumant dans ce jardin, ce qui a nécessité selon lui l’intervention des forces de l’ordre. « Leur acte est provocateur et porte atteinte à la morale », a-t-il estimé.

Cette condamnation intervient alors qu’un collectif d’ONG a appelé les autorités à « respecter leur devoir constitutionnel de garantir la liberté de conscience » et qu’un appel à manifester le 11 juin a été lancé sur les réseaux sociaux (#Mouch_Bessif) pour défendre les non-jeûneurs et réclamer le respect des libertés individuelles.

Aucune loi n’interdit de manger ou de boire en public pendant le ramadan en Tunisie mais le débat sur cette question revient chaque année. La Constitution tunisienne garantit « la liberté de croyance et de conscience », mais l’état est aussi décrit comme « gardien de la religion ».

En 2015, quatre policiers avaient été limogés pour « abus de pouvoir » après être intervenus dans des cafés ouverts avant la rupture du jeûne.

Partager.

Comments are closed.