« Trente ans déjà » de Taoufik Jebali au festival de Nabeul :Une volonté de s’exprimer et de …se faire entendre

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100 comédiens du Téatro qui se sont réunis au théâtre de Nabeul autour de cette création » Trente ans déjà »  assistée dans la mise scène par Naoufel Azara et Walid Ayadi, d’après un texte écrit par Taoufik Jebali avec la participation de Iyadh Chaouachi, Mohamed Saber Oueslati. Des filles et garçons, des pros mais aussi des amateurs du théâtre , ont donné le meilleur d’eux-mêmes“Trente ans déjà” revient sur les folies créatrices, à travers des récits qui s’enchaînent, des histoires qui s’entremêlent et s’assemblent pour dépeindre la vie et mettre en relief le désarroi et le doute qui marquent la vie de l’acteur. Taoufik Jebali a donné la chance à des jeunes talents amateurs de monter sur les planches . Avec cette pièce, Téatro  propose une vision d’un théâtre différent et pluridisciplinaire. Il nous plonge dans un univers où diverses émotions s’entremêlent, la mort, la vie, l’amour, la haine, la souffrance, le rire. Au travers de personnages touchants et drôles, c’est la vie, la vraie qui s’exprime devant nous.  Les différents acteurs essaient   de toucher  le public en dépeignant avec justesse le monde qui nous entoure. La scène apporte beaucoup de plaisir et d’énergie  à ces jeunes talents. La communion est totale avec toutes les franges de la société. La pièce  décline ici un univers incisif et émouvant, sans complaisance. Un humour touchant et décapant qui fait l’unanimité. Le public, applaudissant les différentes situations empreintes d’allusions et de métaphores, a adhéré au spectacle, saisissant dans la délectation l’importance du message qu’il contenait.Chaque tirade des comédiens donnait une opportunité de réflexion et de méditation sur les réalités de la société de cette époque. Faisant dialoguer le passé et le présent, dans une stupéfiante économie de mots et de gestes malgré le nombre important d’acteurs, Jebali, livre une interprétation d’une justesse et d’une subtilité à couper le souffle et remue le couteau dans la plaie sur les sujets de l’heure tels que le métier d’acteur, le doute sur l’avenir des jeunes, le 14 janvier, les “Harragas”, “l’immolation”, “la démocratie”, la guerre. La scénographie et les ambiances ont donné au spectacle un aspect visuel et sonore original , constituant des éléments dramaturgiques qui ont aidé à saisir la pertinence des  sujets traités. Derrière le jeu des acteurs, on perçoit un investissement et un engagement importants , non seulement des comédiens, mais aussi d’une partie de leur public. Une volonté de s’exprimer, de se faire entendre, de refuser, de créer, de suivre les changements de la société. Bref, Taoufik Jebali a réussi son pari. Il a su tirer son épingle du jeu en tentant cette nouvelle expérience avec ses enfants du Téatro qui ont d’ailleurs reçu une ovation et tous les spectateurs se sont levés pour les applaudir chaleureusement.

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