FESTIVAL D’HAMMAMET : BLANCA LI ET MARIA ALEXANDROVA, DÉESSES ET DEMONES

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La pièce chorégraphique «DÉESSES & DÉMONES » de BLANCA LI & MARIA ALEXANDROVA, qui a été présentée hier soir au théâtre de plein air de Hammamet dans le cadre de la programmation indoor de la 53 ème édition du FIH, est un spectacle de danse qui se déroule dans une sorte de boîte à lumière mouvante, vivante.

Deux interprètes d’exception qui tour à tour deviennent Déesses et Démones pour nous envoûter, nous transporter dans l’espace infini de la danse.

Habillées par des stylistes modélistes de renommée à l’instar d’Alaïa, de Gaultier, de McCartney et de Théallet, la paire, dans un écrin technologique à même de donner corps aux mythes, se cabre, virevolte, s’enveloppe, se détache, se casse, se terrasse, s’embrasse, s’assoit, se déçoit, s’ignore, se voit éclore, se brise, se frise, se défrise, se trémousse, se pousse, se repousse, se fait, se défait, s’étreint, déteint, fait la noce de sang et la guerre et paix, ou du moins tente d’y parvenir.

A la grâce redoutable d’une danseuse russe classique, s’oppose l’élégance d’une danseuse contemporaine. Elles se ressemblent physiquement mais s’opposent techniquement. Tout est donc préparé pour mettre en valeur une dualité complémentaire mais contrastée, comme dans le yin et le yang, comme pour une vision du monde qui ne tolère pas les compromis. Déesses & démones s’allie par ailleurs aux technologies des arts visuels et numériques pour créer certaines illusions d’optique jouant sur la dichotomie du noir et du blanc.

Et ici et là encore, l’œil perd de son assurance et le cerveau se demande si le corps qu’on discerne sur scène est bien réel ou s’il est une projection, dans les deux sens du terme. Symétrie totale en noir et blanc pour une pièce qui passe des lumières à sa part sombre, des déesses aux démones…Pour voir les stores vénitiens les plus surdimensionnés de l’histoire de la danse, c’est donc ici ! Et les deux ballerines s’y fondent comme si la mythologie grecque était une création de l’industrie du design. Ce fut un spectacle  bien sûr trop beau et trop céleste.

 

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