Marché français : Quelle stratégie pour la reprise ?

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Le marché français connait une reprise. Le flux des touristes français est en constante évolution, comme l’attestent les statistiques: 399 420 arrivées du 1er janvier au 31 août 2017, +46,7% par rapport à la même période de 2016. Cette performance en dit assez sur l’amélioration du flux touristique français vers la Tunisie qui est appelé à se poursuivre, dans les mois et années à venir. Pour booster plus  ce marché, l’observatoire du tourisme organise le 14 septembre un séminaire à Tunis intitulé « Marché français : Quelle stratégie pour la reprise. » Cette manifestation sera animée par  plusieurs experts en tourisme notamment Néji Ben Othman (Directeur Général de l’ONTT) Olivier Poivre Arvor (Ambassadeur de France en Tunisie) Foued Lakhoua(Président de la chambre tuniso-française de commerce et d’industrie) Zohra Driss (Présidente du conseil des chefs d’entreprise France –Tunisie) Kamel Saad (Secrétaire adjoint de l’UGTT) Khaled Fakfakh (Président de la FTH) Ali Toumi (Président de la FTAV) Houssem Ben Azouz (Président de la Fédération interprofessionnelle de tourisme de Tunisie) Wahida Djaiet (Directrice ONTT France) Richard Soubielle ( Vice-Président des agences de voyages de France ) Jurgen Bachmann (Secrétaire general du syndicat français des entreprises du tour-operating )et Ali Miaoui (Directeur commercial de Tunisair)

Afif Kchouk ( Directeur de l’observatoire du tourisme)

« Augmenter les flux touristiques est simple mais pas facile à mettre  en place toute une stratégie visant à booster le marché français ».

Quel est le portrait du touriste français?

 Il n’y a pas un seul portrait type du touriste français. Il y a de toutes sortes: tourisme d’affaires, de MICE, familiale, de séniors, d’aventure, balnéaire…Nous recevons des touristes français (ou qui ont le passeport français) de toutes les régions et les catégories sociales. Le touriste français se sent à l’aise en Tunisie, parce tout le monde y parle français et il peut donc communiquer facilement dans sa langue. Et dans les voyages et le tourisme, la communication est l’élément le plus important.

Les deux tendances que sont les courts séjours et les ventes de dernière minute se confirment sur ce marché?

Les deux tendances des courts séjours et des ventes de dernière minute ne lui sont pas spécifiques. Elles sont généralisées dans tous les pays émetteurs de touristes, vu qu’aujourd’hui, les vacanciers fractionnent de plus en plus leurs congés, veulent partir plus souvent et mois longtemps d’une part; et d’autre part l’offre, plus diversifiée et plus flexible,  dépasse la demande. Donc, le client n’a plus besoin de réserver longtemps à l’avance ses voyages. Ajouté à cela, les tarifs à bas prix proposés par les compagnies aériennes low cost.

Les touristes français ne se contentent de peu . Est-ce que le produit tunsien répond à leurs attentes?

 Vu les relations historiques, culturelles, civilisationnelles, économiques, financières et autres entre la France et la Tunisie, la Tunisie est le marché naturel de l’outgoing du tourisme français. La France est le marché le plus ancien et le plus traditionnel du tourisme tunisien. Si la Tunisie reçoit toujours autant de touristes français, c’est que son produit touristique répond parfaitement à leurs attentes. Ce n’est pas, non plus par hasard que la France se classe à la première place des marchés européens émetteurs de touristes vers la Tunisie. De plus, le marché français est  très sensible au rapport qualité/prix où le produit tunisien est l’un des plus compétitifs, voire le plus compétitifs. C’est un argument de plus pour répondre à ses attentes.

Quelle est la stratégie pour la reprise? Doit-on innover dans notre manière de promouvoir ce marché?

 La reprise a été déjà amorcée depuis l’année dernière 2016 et elle s’est confirmée cette année; et ce, grâce à l’amélioration très nette de la situation sécuritaire dans le pays et aux efforts promotionnels fournis.La stratégie à suivre pour que ce flux touristique français vers la Tunisie continue à augmenter est simple; mais pas facile à mettre  en place. Elle consiste à consolider l’amélioration de la situation sécuritaire dans le pays;poursuivre l’amélioration de l’environnement  physique (propreté des villes et des campagnes) et humain, surtout dans les zones touristiques et les médinas,améliorer la qualité du produit, hôtelier en premier lieu, par l’entretien , la maintenance et la rénovation des lieux d’hébergement, de restauration et de loisirs, assurer la disponibilité, à tarifs compétitifs,  du transport aérien, levier de toute reprise et de tout développement touristique, améliorer l’image de la Tunisie touristique en France, à travers une communication « émotionnelle », capable de redonner confiance au consommateur français en la destination Tunisie, renforcer le partenariat entre les professionnels et opérateurs tunisiens et français et conjuguer leurs efforts pour une meilleures commercialisation de la destination Tunisie et mettre en place une stratégie de relance Partenariat Public –Privé , à moyen terme, dotée de moyens financiers conséquents pour atteindre les meilleures performances déjà réalisées par le tourisme  tunisien sur le marché français, reprendre les parts de marchés perdues, commercialiser de nouveaux produits et démarcher de nouvelles niches de clientèle.

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Hakim Tounsi (Président du TO Authentique International)

 « Nous devrons révolutionner notre tourisme et l’orienter pour les besoins et les attentes de la clientèle française »

 Hakim Tounsi est le fondateur de Authentique International, Tour Opérateur basé à Paris et spécialiste de la Tunisie. Il fait partie des entrepreneurs tunisiens qui ont choisi de s’expatrier et de créer des TO de taille moyenne pour drainer une clientèle en direct. Ils sont à l’origine du succès de la destination Tunisie en France.

Comment jugez –vous la santé du marché français?

Le marché français est en forte progression. De 300 mille clients, on est passé à 500 mille cette saison .La confiance revient. Les algériens, les russes reviennent et c’est plus qu’un signe pour l’avenir. Les voyageurs en provenance de l’Hexagone ne sont pas les seuls à revenir sur la destination. Les Scandinaves, les Allemands et désormais les anglais et les belges reprennent le chemin de la Tunisie. Un vent d’optimisme semble souffler sur la région et il n’est pas près de s’arrêter. Le retour des compagnies aériennes néerlandaise et luxembourgeoise et de TUI Belgique et Thomas Cook Belgique vers Djerba prévu le 28 octobre 2017, permettront aussi de renforcer le flux de touristes français frontaliers de ces pays.

Comment évolue t-il ? Faut-il réadapter le produit en fonction des attentes des clients français ?

Nous sommes en train progressivement mais assurément de virer du modèle de tourisme conçu et commercialisé par les TO suivant le modèle économique qui consiste à remplir des charters de clientèles en direction de toutes les destinations vers ce que nous appelons aujourd’hui un package dynamique. C’est un tourisme segmenté. Il y en a pour les jeunes, pour les seniors, pour les familles, et le branding international du tourisme s’intéresse plus au produit et moins à la destination. Certains professionnels ne réalisent pas encore ces mutations qui devraient nous interpeller car nous devons faire de la veille et anticiper les mouvements en dehors de nos frontières. Il y a de nouveaux produits qu’on est en train de mettre en place pour répondre aux besoins des touristes de demain. Et cela ne devrait pas nous surprendre, nous devons nous y préparer. C’est extrêmement important pour pouvoir nous adapter au tourisme de demain. La balle est dans notre camp pour faire ce que nous avons à faire pour révolutionner notre tourisme et l’inscrire dans son temps et l’orienter pour les besoins et les attentes de la clientèle française

 Avec le retour des français, ne pensez-vous pas qu’il y des problèmes de cohabitation avec d’autres nationalités ?

Les exemples d’incompatibilité de cohabitation sont nombreux. Les hôteliers doivent comprendre que les us et coutumes des uns et des autres sont différents. De ce fait, ils ne peuvent pas les ignorer notamment dans la définition de leur produit.Les problèmes de cohabitation sont constatés tous les ans, dans les hôtels, entre Français et Italiens ou Français et Allemands, bien qu’ils soient tous Européens et maintenant entre algériens, russes et français . L’inscription de chaque chaque hôtelier dans une thématique produit, est aujourd’hui incontournable pour que tout le monde retrouve ses marques et son latin. La reprise des marchés traditionnels.

Tourisme Social et solidaire, voyages de groupes, où en est  en provenance du marché français suite â vos démarches avec les syndicats français et tunisiens ?

  Vous touchez là un segment important qui représentait à lui seul annuellement près de 500000 clients sur le 1,4 millions du marché français en 2010. C’est un segment qui couvre aussi la basse et la moyenne saison, qui permet aux hôteliers de travailler au delà des deux mois d’été. Cette clientèle de groupe est enfin de retour et je pense que le marché français fournira au moins 100.000 clients qui viendront s’ajouter aux 500.000 de l’année 2017. Une vigilance extrême reste nécessaire pour maintenir la sécurité pour qu’aucun événement fâcheux ne vienne contrarier la reprise du secteur. Que nos banques doivent aujourd’hui mieux accompagner pour une mise à niveau rapide du parc hôtelier pour répondre à une clientèle français exigeante. Cela est nécessaire pour concrétiser cette reprise et la pérenniser

Comment s’annonce l’arrière saison ?

L’arrière-saison est d’ores et déjà prometteuse, avec un taux de croissance similaire à près de +40%. Chez les opérateurs, la tendance est la même. Le retour en masse des touristes français nous emmène à développer des produits innovant et adapter une offre, un service ou un produit selon leurs besoins et leurs attentes d’où la nécessité de mettre à jour nos produits

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