Ziara à guichets fermés au festival de Nabeul

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Sami Lejmi a essayé d’innover avec son spectacle « Ziara» au festival de Nabeul Fruit de recherches méticuleuses, ce magnifique spectacle allie performances vocales et visuelles pour faire renaitre l’ambiance des cérémonies religieuses d’antan. Le directeur du festival Montasser Kacem a réussi son pari en faisant jouer ce méga concert au terrain municipal de Nabeul. Il a réussi son défi puisque « Ziara «  s’est joué à guichets fermés. Entre chants soufis, danses illustratives, mise en scène incandescente et habits d’époque, cespectacle dépoussière avec brio le patrimoine ancestral tunisien en le sublimant dans le langage contemporain.

C’est un spectacle coloré et inédit qui  nous a entraîné vers une douce et sensuelle hypnose. Une scène pleine et surchauffée, où des hommes et des femmes en costume traditionnel qui interprètaient, accompagnés de divers instruments, les chants et hymnes des soufis.La visée du travail de Lejmi n’est pas la fixation d’un folklore teinté de mysticisme et de nostalgie, vécu comme une fuite hors du contemporain. Elle est la mise en scène de la mémoire dans le théâtre du présent, la lutte de la musique contre la dispersion du temps dans une unité créatrice. Les chants sont comme une mélopée, une plainte triste et lancinante. C’est une expression puissante et sincère. Mais à d’autres moments, les chants sont alertes, rythmés, entraînants : c’est certes de la musique soufie, mais qui vous donne envie de bouger et de danser.Alignées, vêtues de la tenue traditionnelle, parées de leurs plus beaux atours, les jeunes danseurs  exécutent leurs chorégraphies en se balançant, pour remémorer en une longue ondulation aux courbes sinueuses, le mouvement des vagues de l’océan..

Toujours portés par l’énergie et la générosité caractéristiques de cette compagnie, les choristes, les danseurs et les musiciens explorent les multiples possibilités des corps. Partir des corps, de leurs mouvements, de leurs appuis, leurs équilibres, pour en révéler leurs allures, leurs flux, leurs allées et venues, leurs rencontres, leurs co-présences, leurs co-existences. Encore une fois Lejmi excelle dans son scénario. Le public attentif est enivré de ces belles images. Avec leurs voix fortes, imposantes et aux étendues immenses, les choristes ont chanté du plus profond de leur être pour un public qui sait apprécier et écouter. C’est l’objectif du festival car ce spectacle est dédié avant tout à ses hôtes venus entendre ce patrimoine riche en musique sacrée dans ce beau cadre de Nabeul

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Photos Rached Berrazagua

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