Ghalia Ben Ali à Hammamet : une clôture effectuée contre vents et marrées (photos Fliss)

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Ce fut une clôture effectuée contre vents et marrées… presque au sens littérale du terme. La soirée du 19 aout 2018 restera longtemps gravée dans les anales de la foule présente, venue acclamée la tant adulée Ghalia ben Ali qui a dirigée d’une main de fer un live exceptionnel… jusqu’à 2h30 du matin. 

La dernière soirée du festival international d’Hammamet commence dans une cacophonie de réclamations et de questionnements diverses dont l’une est centrale : Ghalia ben Ali se produira –t- elle sur la scène du théâtre plein air de la ville malgré des conditions météorologiques désastreuses ? Cette nuit qui s’annonçait si estivale et festive s’est retrouvée en deux heures compromise à cause de la pluie diluvienne qui s’est abattue sur la ville peu de temps avant 22h. Coup de théâtre : le spectacle est bel est bien maintenu, mais retardé d’1h30.

L’idole attendue aux guichets fermés, 3 jours avant sa date annoncée fait une apparition en compagnie d’une ribambelle de musiciens montants, issus de la scène musicale actuelle. : Imed Alibi sur la batterie, Aymen Asfour et Zied Zouari à la guitare et Ali Chaker au Quanun. Comme transportée par le talent de cette troupe, formée à l’occasion, l’artiste a mené pendant 2h30 un show exceptionnel en présentant des nouveautés ponctuées par des reprises incontournables.

La présence exceptionnelle de l’artiste à la notoriété incontestable, son charisme et sa personnalité hors norme ont suffit à retenir le public qui s’impatientait pendant plus de deux heures avant de la voir. Fidèle à elle-même, elle avait le sens de la réplique, et un humour inné. Elle aurait pu se passer d’explications et d’excuses, les spectateurs seraient quand même restés.

 

Quand le public commençait à chantonner « Alf Lila we Lila », Ghalia s’est empressé de prendre le train en marche enchainant cette reprise jusqu’ au bout. C’était le premier titre interprété de la soirée.

Sa présence scénique, sa voix et ses déhanchés ont été suffisants pour faire fondre ses admirateurs : ses textes soufis, extraits d’un répertoire musico-arabe prolifique, prônent les valeurs humaines et les libertés. Des airs revisités à de l’électro et à la chanson contemporaine. Sa force, c’est son ouverture sur le monde. Sa musique demeure particulièrement éclectique. Pendant la soirée, elle a d’ailleurs réinterprété une chanson aux paroles dédiées à un refugié allemand… dégoulinante d’humanité. Du baume au cœur pour les auditeurs en ces temps durs.

Elle dégageait des airs traditionnels grâce à sa robe typique, à son « Machmoum » et à son éventail qu’elle n’a pas quitté de la soirée. Ghalia a ainsi brillé en réinterprétant magistralement des reprises incontournables comme « Lamouni eli Ghaarou Menni » « Ya msaafer wahdek » et « Ana fi Intidhaarek ». Les férues de la 54ème édition du festival étaient conquis. Ils ont eu droit à un clap de fin magistral.

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