Hôtellerie Quand nos hôteliers misent sur les formules «tout compris» 

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Le « all inclusive », un anglicisme qui désigne les formules des vacances «tout compris», fait le bonheur des touristes qui souhaitent maîtriser leur budget de vacances, et plus généralement à tous ceux qui veulent pouvoir se détendre sans trop se soucier des dépenses.La formule all inclusive pratiquée dans nos hôtels a ses adeptes en Tunisie.

L’objectif recherché, à travers cette formule, est de permettre au touriste de profiter pleinement de ses vacances sans avoir de soucis d’argent ou de dépassement budgétaire. La Tunisie est devenue une destination du all inclusive. Mais il parait que les TO profitent beaucoup de cette formule. Ainsi, de plus en plus de tour-opérateurs français optent vers le all inclusive qui offre plusieurs avantages : une garantie d’occupation plus sûre que pour les formules classiques, l’attraction d’une clientèle différente de la clientèle classique par son niveau plus élevé de pouvoir d’achat et enfin par un cash flow plus grand et assuré d’avance.

Afif Kchouk, Président de l’observatoire du tourisme en Tunisie estime  que  « le All In est un modèle économique et un écosystème qui répondent aux besoins et aux attentes du client  et à une demande pressante du marché.  Il est l’aboutissement d’un long processus d’évolution des marchés émetteurs de touristes.Il a vu le jour aux Caraïbes en 1981, et il a fait son apparition en Tunisie en 2005, venant de l’Europe. Donc le All Inclusive est un phénomène mondial qui n’a pas été inventé par les hôteliers tunisiens ; mais plutôt importé.Il n’est ni synonyme de bas  prix ni de mauvaise qualité de service; puisqu’on y trouve des hôtels de toutes les catégories de 5 à 2 étoiles ; et même les grandes chaînes internationales s’y sont mise. Hôteliers et clients y trouvent leur compte et tous deux sont contents.Même si, à son début, le all in était un choix, aujourd’hui, il est devenu une nécessité et une réalité imposée par le marché : client-consommateur, agence de voyages- distributeur et tour opérateur- producteur .Le tout inclus va droit dans l’évolution actuelle : decashing, fast food, fast trak. Le client veut faire ce qu’il veut et quand il veut, sans avoir à s’occuper d’argent, de paiement de monnaie »…

Certes, ajoute Afif Kchouk  » les hôtels all in  ont désormais besoin de normes et de classification, pour assurer la qualité des prestations de services ; et surtout pour informer le client et le protéger. Actuellement, ce n’est pas le cas ; et plusieurs dérapages sont constatés. Quant aux prix et tarifs pratiqués, ils obéissent à la loi du marché, celle de l’offre et de la demande. Ils sont établis à partir de la qualité du produit et de sa compétitivité, de l’attractivité de la destination et de la demande qu’elle suscite. Mais aujourd’hui, même le all in n’est plus suffisant. En effet, le client réclame encore plus. Et les hôtels qui « marchent » le mieux et le plus, sont les établissements à thème, ceux qui se sont dotés d’aquapark et de toboggans et bien d’autres attractions. Le tourisme et l’hôtellerie ne sont plus ce qu’ils étaient. C’est à nous de les réinventer et de les recréer ».

Mais qu’offre  ces clubs all in? Buffets et activités sportives à volonté, animations pour les adultes, miniclub pour les enfants… Des vacances à la carte, sans mauvaise surprise. Tout est organisé et payé avant d’arriver, la prise en charge totale depuis l’aéroport. Mais cette  formule ne motive pas beaucoup le personnel. L’absence de pourboire en est la véritable cause. Elle tue aussi le paratouristique puisque le client ne sort pas de son club. Autour des hôtels, les autres opérateurs touristiques (centres d’animation, boutiques d’artisanat, restaurants touristiques…) tirent le diable par la queue, avec des cloitrés dans des hôtels, où ils peuvent boire et manger du matin au soir sans dépenser un sou… Ce tourisme de réfectoire a abouti à la transformation des hôtels en véritables ghettos pour des touristes étrangers Cette formule présentée dans nos brochures n’est pas explicitée au client. Ce produit pourrait donner beaucoup plus à la Tunisie si nous lui accordons plus d’intérêt et s’en occupent davantage. C’est une solution à la saisonnalité du tourisme et à l’enrichissement de son produit. Mais pour développer ce produit, il faudrait tout d’abord le définir, informer le touriste avant qu’il débarque en Tunisie sur son programme, les prestations à offrir dans l’hôtel. Il y a lieu de mettre sur le marché des formules différentes et selon la bourse de la clientèle. Un cahier des charges est nécessaire pour contrôler les prestations offertes car les surprises ne manquent pas dans ces espaces fermés

Salah Rajhi, hôtelier estime qu’il faut développer cette formule « Nous sommes dans un marché concurrentiel et nous ciblons une clientèle bien déterminée dont les habitudes ne pourront pas changer si rapidement du jour au lendemain. Aux Caraïbes les touristes sont satisfaits par le All inclusive. Ils y retournent et laissent un tarif moyen annuel dépassant les 100 $ par nuitée à l’hôtelier. Il faut savoir très bien s’adapter aux exigences du marché. Les clubs attirent surtout des couples et des familles avec enfants. Dans un marché du voyage en crise, c’est le segment qui résiste le mieux avec le sur-mesure très haut de gamme. La demande augmente et l’offre suit au détriment des hôtels classiques, que l’on trouve facilement sur Internet sans passer par des tour-opérateurs. Ce n’est qu’avec une bonne préparation, des procédures de travail claires, un management confiant et une stratégie d’amélioration continue permanente que nous pourrons offrir un produit « All Inclusive » de bonne qualité, compétitif et rentable pour tous en Tunisie »

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