Tribune : Signature des contrats d’allotement en devises entre les tour opérateurs et les hôteliers !

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Quand le Dinar perd 15% de sa valeur en un an à quoi ça rime de faire signer en Euro les contrats des tour opérateurs avec les hôteliers alors que les plateformes de réservation locales signent leurs contrats avec les mêmes hôteliers en dinars et vendent à l’Etranger au même circuit de distribution que celui des tour opérateurs !

Ceci se traduit par une perte de compétitivité des tour opérateurs de 15% sur un an sur leurs prix d’achat. Une perte sèche car les tour opérateurs sont pas libres de relever leurs tarifs. Au final c’est le marché qui définit le prix de vente en B2C.

Je m’explique pour ceux qui ne sont pas du domaine.
Quand le Tour opérateur signe un contrat avec un hôtelier tunisien à raison de 65 dinars la nuit au mois de mai 2018 pour la saison allant du 1er novembre 2018 au 31 octobre 2019, il le signe en euro à sa valeur en mai 2018 (1 EUR = 2,98260 TND) soit 21,8€.

Le tour opérateur fait donc ses prix sur la base d’une nuit valant 21,28€ sauf qu’au même moment une plateforme tunisienne signe avec le même hôtelier au tarif de 65 dinars (voir moins) des prix qui lui resteront valables 12 mois pour la même saison allant du 1er novembre 2018 au 31 octobre 2019. Aujourd’hui avant même le démarrage de la haute saison 2019 un euro = 3,39 Dinars.

La plateforme tunisienne reste à 65 dinars la nuit.
Le TO qui a signé à 21,8€ se retrouve à acheter sa nuitée à 73,900 dinars soit une augmentation en milieu de parcours de 13,7%, ce qui est énorme.

Deux solutions à ce problème :
1 – Les plateformes ou agences tunisiennes qui vendent à l’étranger respectent la règle du jeu et signent elles aussi leurs contrats en devises pour leur clientèle étrangère.
Comme la clientèle des agences tunisiennes est diversifiée composée de tunisiens et de non tunisiens (algériens, libyens européens), il sera difficile d’y faire le tri et de contrôler l’absence de compensation entre le dinar et les devises. (Il est à rappeler que la compensation en dehors du système bancaire et financier est strictement interdite en Tunisie).

2 – Rajouter une clause dans les contrats des tour opérateurs avec les hôteliers tunisiens précisant les prix de base et prévoir une formule d’actualisation à l’instar de ce qui se fait dans l’aérien concernant la valeur du Dollar et du Kérosène.
Encore un casse tête en perspective !

Hakim Tounsi

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