Hakim Ben Hammouda …Les clés pour renouveler le contrat social tunisien

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Pendant que l’inflation grimpe, les ventes de livres consacrés à la crise financière et aux mécanismes du marché «s’envolent»Dans ce domaine, la réussite la plus éclatante est « Sortir du désenchantement » de l’ancien ministre de l’économie et des finances, Hakim Ben Hammouda , qui a eu le chic de paraître  chez Nirvana, un  essai visionnaire, qui répond à des questions liées à la crise à la quelle face la Tunisie d’aujourd’hui. Cet ouvrage constitue une contribution à ce travail majeur d’analyse des raisons du désenchantement tunisien et d’explorer les voies du renouveau du modèle tunisien

Hakim Ben Hammouda, universitaire et économiste essaie de présenter quelques solutions pour sortir la Tunisie de la crise socio-économique et a appelé à la nécessité de mettre en place un contrat social basé sur le développement. « En Tunisie , parallèlement aux crises politiques, à l’apparition du terrorisme et de la violence dans l’espace public et à la crise sociale, c’est la crise économique et le blocage de la transition vers un nouveau modèle de développement qui sont au cœur de ce désenchantement .Notre hypothèse centrale dans cet essai, écrit-il en présentation, est que la crise économique que nous traversons aujourd’hui est le signe d’un mal plus profond qui concerne l’éclatement du modèle de développement et du contrat social post-national hérité de l’Etat de l’indépendance. Et, c’est là que se situe toute la difficulté de la transition en cours car derrière le désenchantement et la désillusion il y a la crise d’un ordre qui, en dépit de son autoritarisme, a pu rassurer pendant près de cinq décennies des populations en quête de modernité et de développement.

D’où vient cette crise qui traîne depuis une dizaine d’années ? Dr Ben Hammouda souligne que «  l’équation du développement et de la sortie de la crise économique tunisienne devient de plus en plus difficile à résoudre. La Tunisie est malade de son modèle économique. Les grands défis de l’économie tunisienne sont nombreux. Le premier est celui des finances publiques avec un déficit qui ne cesse de s’accentuer . Ce gap est le résultat d’une croissance forte de nos dépenses particulièrement de la masse salariale, des remboursements de la dette ainsi que du budget d’investissement. Ces dépenses n’ont pas été soutenues par une croissance forte de nos recettes. Du coup, c’est le recours à la dette interne et externe qui a permis de combler ce gap. Le second défi concerne la reprise de la croissance. La faiblesse de cette croissance est le résultat des faibles réalisations des secteurs économiques. Le troisième défi concerne le mouvement des réformes économiques qui devront toucher les caisses sociales, le système de compensation, la fiscalité. Le mouvement des réformes n’a pas été à la hauteur des attentes  La gravité de cette situation et sa complexité exige du gouvernement de sortir des sentiers battus et d’apporter des réponses nouvelles. L’ampleur de la crise s’explique également par le fait que nous n’avons pas besoin d’une simple relance de l’économie pour sortir de la récession mais de l’invention d’un nouveau modèle de développement et d’un nouveau contrat social. Notre hypothèse dans cet essai c’est que la véritable réponse au désenchantement tunisien et à la désillusion c’est l’enchantement d’un nouveau projet et d’un nouveau modèle de développement. »

«Tout l’enjeu aujourd’hui, poursuit Ben Hammouda, est de fonder un nouveau contrat social et démocratique capable d’assurer une ouverture politique et une plus grande participation citoyenne, d’inventer un nouveau modèle de croissance durable et de mettre en place un modèle social plus inclusif »

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