Campagne de tomates : la hausse du coût suscite la grogne des agriculteurs !

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 Comme des chevelures bien répandues qui refusent l’injure des ciseaux. Le calibre et la couleur rouge  des tomates permettent d’ores et déjà d’affirmer que ces légumes arrivent à maturité. C’est le début de la campagne…

Les superficies allouées à la culture de tomate en Tunisie varient selon le gouvernorat Il est clair que le gouvernorat de Nabeul présente la superficie la plus importante en Tunisie mais cette culture se développe aussi à Béja , Sidi Bouzid et Kairouan.

Au Cap Bon, Les superficies emblavées en tomates de saison au titre de la campagne 2019 sont de l’ordre de 5600h. Les fellahs que nous avons contactés ne sont pas trop satisfaits. Et pour cause ! Ils travaillent à perte. Am Salah, un vieux fellah ne cache pas sa déception « C’est un métier difficile et peu rentable nous dit-il avec une voix cassée. «J’ai travaillé à perte cette année . On a un problème de coût. Le kilo de tomate est acheté à 160 millimes, les agriculteurs en réclament 190.La réévaluation du prix de vente de la tomate est une conséquence logique de la hausse des coûts de production. Les agriculteurs se retrouvent endettés suite à l’augmentation du coût de la main d’oeuvre, de l’électricité, du gasoil et des engrais. Ceci sans oublier le transport et la réduction faite lors de la livraison de la production à l’usine varie entre 15 et 30%. Ce qui se répercute sur notre gain . Ce qui est insuffisant vu les efforts fournis et la longue attente devant les usines »

. Moez Chaouch, président de l’Union locale des agriculteurs de Korba, nous a précisé que « la récolte ne répond pas aux attentes des fellahs. La production moyenne de tomates est de 60 tonnes à l’hectare (ha) contre 65 la saison écoulée.Le prix de référence des tomates fraîches destinées à la transformation n’a connu de changement .Plusieurs fellahs travaillaient à perte sont obligés de réduire leurs superficies ou se convertir. Korba a vu sa superficie passer de 5800  à 1650 hectares de 2010 à 2019. Les frais élevés des semences, des engrais et de la main-d’œuvre entravent notre métier . On a un problème de coût. Si on continue à vendre le kg à 160 millimes à l’usine, on ne rentre pas dans nos frais vu les taxes agricoles, le transport et la réduction faite lors de la livraison de la production à l’usine qui varie entre 15 et 30%. Ce qui se répercute sur notre gain .Le prix actuel de 160millimes le kilogramme est standard, n’est donc pas équitable envers tous les agriculteurs…car certains présentent aux usines des tomates de bonne qualité, d’autres non ».

. « Le contrat moral de culture entre le producteur et l’industriel, ajoute Chaouch, est une grande garantie pour les deux parties car le producteur doit garantir l’approvisionnement de l’industriel en tomates et l’industriel doit s’engager à assurer un prix planché pour le producteur. Ce contrat doit être respecté pour garantir des bénéfices pour le fellah .Ici à Korba, l’agriculteur applique à la lettre le cahier des charges de l’industriel, après s’être fourni en semences à la pépinière de l’usine ou du centre de collecte. Il doit optimiser sa production et minimiser les pertes pour cultiver une tomate prête pour la transformation, c’est-à-dire avec un degré “Brix” élevé. Une  nouvelle grille des prix va encourager les agriculteurs à conférer davantage d’intérêt à leurs cultures et à la qualité de leurs productions ».

Le Président de l’Union des agriculteurs de Korba appelle à renforcer ce partenariat entre les fellahs et les industriels qui pourront accompagner les fellahs durant la saison agricole et même les soutenir, matériellement, en cas de besoin.

                                     Kamel Bouaouina

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