Salem Sahli  (indépendant) :Un vote sanction contre la famille « centriste »

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Tout d’abord comment expliquez-vous la réussite de Nabil Karoui et Kais Saied?

 Nabil Karoui s’est engagé concrètement, par le biais de l’Association caritative « Khalil », dans les régions défavorisées du nord ouest du pays et auprès des familles pauvres. Il a pu gagner leur confiance.  La couverture médiatique dont il a bénéficiée 24/24 a fait le reste.Kais Saied, l’inconnu, l’universitaire, l’intègre, l’indépendant, le modeste.. celui qui ne s’est pas mouillé dans les affaires a été perçu par beaucoup de nos concitoyens comme une alternative crédible au poste de président de la république. il répond au rejet des politiques carriéristes et des affairistes

Ces élections représentent -elles l’’antisystème ? 

Qui sème la division récolte la défaite. La famille “centriste”, celle qui se situe à la fois dans la continuité des acquis sociaux et sociétaux de l’indépendance et des revendications sociales et politiques de la revolution, est allée à ces élections éparpillé, émiettée, divisée, à couteaux tirés entre eux et non contre leurs adversaries les candidats de l’islam politique ou ceux des affairistes.

 Est-ce une vote sanction contre les partis classiques?

 Le spectacle affligeant que nous ont offert les politiques depuis des années a contribué à aggraver le fossé entre les aspirations de la grande majorité des tunisiens et les gouvernements successifs. La crise de confiance des citoyens envers leurs institutions, leurs gouvernants, leurs représentants…est très profonde et les résultats de ce premier tour des élections présidentielles le montrent clairement. Nous sommes devant un vote sanction. Tous ceux qui ont exercé peu ou prou des responsabilités politiques, du député au chef de gouvernement, ont essuyé une défaite cuisante.Les citoyens attendent de leurs représentants qu’ils se montrent exemplaires, en termes d’intégrité, de neutralité et de sens du bien commun. Il s’agit là de l’une des conditions de la confiance dans la démocratie, de la cohésion nationale et de l’engagement citoyen. Or, il semble qu’il y a encore loin de la coupe aux lèvres. Depuis près d’une décennie, on nous parle de décollage économique, de justice sociale, de moralisation de la vie publique….avec des flots de promesses mais des réalisations au compte-goutte.

Est-ce l’affaiblissement de l’islam politique?

 Le candidat du parti Nahdha semble occuper la troisième position selon les sondages sortie des urnes. Par conséquent l’islam politique bien qu’affaibli en Tunisie a encore un électorat discipliné qui suit le mot d’ordre du parti. La division du clan « centriste » sauve en quelque sorte les islamistes et diffère leur déclin.

Et la gauche?

La gauche par contre avec son score décevant est appelée à devenir une entité très marginale dans le paysage politique tunisien, à moins qu’elle ne se renouvelle, accepte de faire son autocritique et fasse montre d’un sens plus aiguë de l’Etat et des institutions.

                                                   KB

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