Législatives 2019 : La vision économique demeure le parent pauvre de la campagne !

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Les partis politiques tunisiens peinent à dévoiler leur vision des enjeux économiques du pays et évitent d’étayer en public leur programme économique en vue des élections législatives. En écoutant la radio et la télé ou en lisant les listes affichées sur les murs, le programme économique  de plusieurs partis est passé sous silence. Les rares économistes affiliés aux partis politiques essayent de dévoiler le programme économique de leur parti mais plusieurs ne  proposent pas l’esquisse d’un programme économique pour le bien du pays.

Outre les querelles, les arrangements cachés et les apparitions médiatiques, les partis politiques ne semblent pas capables de proposer un « programme économique ou des réformes pour faire sortir le pays du marasme économique .Sonia cadre dans une banque estime que « c’est ce qui fait rayonner le pays, la rend dynamique, c’est l’économie. Plus les entreprises font de l’argent, plus elles embauchent, plus il y a des consommateurs qui dépensent dans les commerces. C’est une roue qui tourne. Nos candidats n’ont aucune vision politique. Il parlent de tout et de rien alors qu’ils sont appelés à offrir aux citoyens des solutions aux problèmes économiques de leur région »

  Nabil enseignant souligne  que « l’économie est  le parent pauvre des candidats dans ma région Gagner les prochaines élections ne peut plus se faire sans une programmation économique porteuse de réformes pleinement assumées par des leaders charismatiques, intègres et rompus aux réformes. Aussi, les réformes économiques requièrent un courage politique et une compétence fine en micro et macro-économie« 

Salem sahli, actif dans la société civile estime que « ce qui fait défaut , ce ne sont pas les projets économiques des candidats aux législatives mais plutôt la vision et le cap en matière de développement économique. La majorité des candidats nous livre un inventaire «  »à la Prévert » de projets économiques, un catalogue d’actions sans aucun lien entre elles. Et pour cause, un programme économique qui tient la route découle obligatoirement d’une réflexion stratégique incluant un diagnostic partagé du territoire, l’identification des objectifs à atteindre et enfin la priorisation des actions à mener et la manière de les financer (budget de l’Etat, partenaires privés, collectivités locales, partenariat public-privé) Tant que ce travail n’aura pas été accompli, tout le reste n’est que bavardage. Or, à l’exception de quelques partis politiques sérieux, nos candidats aux législatives nous proposent des actions disparates piquées ici et là sans aucun ancrage territorial. De plus, je m’inquiète de l’absence de la thématique « développement durable » des programmes de la quasi-totalité des candidats alors que sous d’autres cieux des sujets comme le réchauffement climatique, la biodiversité, la transition écologique, l’économie bleue, le tourisme durable, l’agriculture biologique, la lutte contre les risques naturels, que sais-je zncore occupent l une de l’actualité »

Walid Ben Salah, expert comptable, estime « Ce qui ne se mesure pas, n’existe pas » !Le peu de programmes présentés par quelques partis et candidats aux législatives se limitent à des slogans généraux flous avec des promesses électoralistes parfois fantaisistes et/ou populistes! Ni vision globale, ni étude prospective, ni axes stratégiques, ni actions concrètes réalisables, ni identification des moyens de leur mise en place, ni données chiffrées, etc.Mieux vaut tard que jamais de revoir sa copie! »

Hakim Tounsi représentant « La voix des tunisiens à l’étranger » déplore l’absence de programmes économiques chez la majorité des candidats notamment ceux représentant les partis politiques qui continuent à voir la scène politique uniquement comme une arène de combat, d’échanges d’insultes et de dénigrement de l’autre

                                         Kamel Bouaouina

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