Le ras-le-bol des agriculteurs d’Al Haouria

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Il y a quatre ans, on en voyait deux ou trois. Aujourd’huic’est une douzaine de sangliers sauvages qui font des ravages ici, souligne Hédi, un jeune fellah . Ils ont complètement détruit un champ d’arachides .Un voisin en aurait aperçu une vingtaine , rapporte l’agriculteur. Si certains petits paysans trouvent la solution dans l’isolement de leurs vergers par des grillages rendant ainsi l’accès difficile aux animaux sauvages, d’autres continuent de subir les dégâts.

Les sangliers font des ravages dans l’arrière-pays d’Al Haouria. Ces animaux fuient la forêt et viennent se réfugier ces jours-ci dans les champs cultivés provocant d’énormes dégâts pour les fellahs . La culture des arachides est une particularité du Cap Bon. Elle connaît une importante extension passant de 800 ha en 2010 à 2100 en 2019, avec une production moyenne variant entre 2 et 3 tonnes à l’hectare. Elle est concentrée dans les délégations d’El Haouaria, Kélibia et Hammam El Ghezaz .

« A El Haouria, le production  est estimée à 600 tonnes cette saison. Mais cette culture est menacée par le sanglier . C’est extrêmement impressionnant ce qu’elles peuvent causer comme dommages, ces bêtes-là. Les populations de sanglier, en forte progression. C’est une espèce chassable. Son caractère de semi-nomade l’amène à se déplacer à la recherche de nourriture. Il nous cause 10 à 20% des dégâts » estime Khemaies Ben Aicha, le Président de l’Union des agriculteurs  d’Al Haouria

Une agriculteur de la région  confirme que ces bêtes possèdent un immense pouvoir destructeur. « Les sangliers ont un odorat exceptionnel qui leur permet de sentir jusqu’à 15 cm dans le sol. Leur effectif a fortement augmenté au cours de la dernière décennie, et particulièrement ces cinq dernières années.Nous sommes en cette période envahis par des sangliers qui font de plus en plus de dégâts dans nos cultures. Aujourd’hui, le sanglier ici n’a plus peur, il vient dans les bâtiments agricoles, sur les routes, derrière le tracteur, autour des habitations, à quelques mètres des grandes routes. Ces bêtes occasionnent d’énormes pertes .Notre volonté n’est pas l’éradication de l’espèce. Je suis obligé toute la nuit de surveiller les champs cultivés »

« Nous ne savons plus sur quel pied danser pour faire face à cette menace devant l’interdiction de la chasse et cet envahissement. C’est vraiment un casse-tête», déclare un jeune fellah. lequel ajoutera : «Nous souhaitons que les responsables réagissent pour protéger nos cultures ».

. Le sanglier mange n’importe quoi. Il absorbe de la terre en forte quantité car il y trouve des oligo-éléments et des sels minéraux indispensables à son organisme. Durant ses intenses activités nocturnes, il parcourt des dizaines de kilomètres dans la forêt et quitte souvent les zones boisées pour traverser les espaces de cultures et de prairies. Opportuniste et omnivore, tout lui semble bon : fruits, racines, rongeurs, maïs, oiseaux. Aujourd’hui c’est devenu insupportable. Depuis quelques années, le nombre des sangliers a doublé  et face à la prolifération de ce ravageur et à l’importance des surfaces détruites, les chasseurs en prennent pour leur grade. Beaucoup d’agriculteurs souhaiteraient pourvoir réguler eux-mêmes les populations. Mais Faut -il augmenter le nombre de jours de chasse ?

Khemaies Ben Aicha, le Président de l’Union des agriculteurs  d’Al Haouria  suggère la multiplication des battues administratives qui pourront réduire le nombre des sangliers. « C’est un excellent moyen de contenir l’explosion démographique d’une population de sangliers . Il faudrait autoriser les fellahs à prendre part à ces battues tout en clôturant la forêt » dit-il

                                            Kamel Bouaouina

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