Chiens, chats… mal traités : Plusieurs associations réclament un statut de protection des animaux

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Les violences physiques ou psychologiques, la négligence et la maltraitance sont une réalité quotidienne pour de nombreux animaux. Maltraiter un animal, c’est lui faire subir un acte visant à le faire souffrir (acte positif) mais aussi des actes de négligence (actes passifs). Même si l’on s’abstient d’être cruel, on peut faire souffrir son animal, par négligence, maladresse ou inattention.La maltraitance des animaux prend de l’ampleur dans certains endroits de la Tunisie. Les exemples ne manquent pas pour montrer à quel point l’être humain est criminel vis à vis des animaux. La non assistance d’un animal en danger n’englobe-t-elle pas le je m’enfoutisme à l’égard d’un chat qui agonise de faim ou de froid, d’un chien en détresse qui traîne dans les rues sans être vacciné, exposé de plein fouet à la rage, la prétendue maladie du passé!

Les chiens et les chats errants sont des milliers à subir chaque jour le triste sort de la rue. Ils sont délaissés, abandonnés, victimes de cruautés, non vaccinés et non stérilisés. Les chevaux, les ânes sont les moyens de transport. Ils sont traités comme des simples objets, sans âme, sans émotions. Dans notre société de surconsommation, les animaux semblent être assimilés à n’importe quelle marchandise. On les fait naître, on les pousse à produire de la viande ou de la fourrure, on les vend, on les récupère, on les élimine aussi simplement que s’il s’agissait de planches de bois ou de sacs de plâtre. Parce que les entreprises sont plus préoccupées par leurs marges bénéficiaires que par la moralité de leurs activités, les conditions de vie de certains animaux sont épouvantables. Les préoccupations économiques et consuméristes ont pris le pas sur la réflexion et sur la morale.

Plusieurs associations sont crées pour prendre en charge ces animaux mal traités. C’est le cas de l’Association de protection des animaux de Tunisie  qui fait du grand travail. Elle  reçoit  chaque jour des centaines de messages par jour lui demandant de prendre des animaux pour les mettre au refuge. Les messages sont tellement nombreux qu’il lui  est impossible de prendre en charge des milliers d’animaux surtout que leur refuge est saturé avec plus de 350 animaux à nourrir, à stériliser et à soigner . L’Association  ne cesse de gérer les chiens victimes de l’abattage comme en témoigne sa collaboration avec la municipalité de Tunis où six 6 chiens ont été capturés pour être emmenés au centre de stérilisation du Belvédère afin d’y être vaccinés, stérilisés et bagués puis retourneront sur leur lieu de capture afin de garder leur territoire et d’éviter à d’autres chiens d’y pénétrer. Des volontaires coordinateurs ont été chargés de faire un suivi des chiens capturés et de sensibiliser la population à l’avantage de cette action pour l’intérêt général.

Alvia, la voix des animaux vient d’organiser un rassemblement devant le théâtre de Tunis en présence de plusieurs défenseurs de la cause animale. Associations, parties civiles, grands et petits sont venus nombreux pour dire « Stop à l’errance animale » mais aussi à la maltraitance animale. Munis de pancarte e, les manifestants espèrent se faire entendre.! « Nous ne voulons plus de cette barbarie qui touche les chiens errants »   » L’animal est un être sensible ayant le droit de vivre dans la dignité ». « Venez nombreux pour porter la voix des animaux : l’union fait la force »

D’autres associations appellent à la  pénalisation de la maltraitance contre tout animal, l’arrêt immédiat des  abattages organisés des animaux errants et la mise en place des alternatives efficaces comme la stérilisation et vaccination tout en évitant   tout mauvais traitements envers les animaux, les violences physiques (coups, blessures)  les situations de privation (nourriture, eau) ou de négligence (absence d’entretien ou de soins) préjudiciable à l’animal »

Plusieurs associations souhaitent que soit conférée aux animaux une personnalité juridique pour qu’ils soient mieux protégés par la loi. Il   ne s’agit pas d’accorder aux animaux les mêmes droits qu’aux êtres humains en les dotant d’une personnalité juridique anthropomorphique, mais de reconnaître pleinement qu’ils sont des êtres sensibles en leur accordant une personnalité juridique  assortie de droits fondamentaux. En France, l’Assemblée nationale a voté en 2015 une loi relatif à la protection animale. L’animal est désormais reconnu comme un « être vivant doué de sensibilité » dans le Code civil  et n’est plus considéré comme un bien meuble . Ainsi, il n’est plus défini par sa valeur marchande et patrimoniale mais par sa valeur intrinsèque

                                                       Kamel Bouaouina

Article paru sur le Temps du 7 novembre 2019

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