Tourisme :Quel avenir pour les salons touristiques ?

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Un salon professionnel est le cadre idéal pour établir des contacts commerciaux afin de lancer ou promouvoir des produits. Ainsi  dans un environnement d’extrême concurrence nationale et internationale, la fréquentation des salons touristiques français se tasse. La question : les professionnels du tourisme trouvent-ils leur compte dans ces rencontres avec leurs clients, à l’heure où les budgets se resserrent et où la rentabilité prime ?

Réfléchir au mode de participation de demain aux foires et salons touristiques internationaux, tel est l’objectif de la conférence intitulée « Vision future de la participation aux foires et salons touristiques » organisée le 30 janvier par Destinationtunisie.info et l’ONTT en étroite collaboration avec les fédérations professionnelles du tourisme  pour débattre de l’approche à suivre à l’avenir .Elle sera marquée par l’intervention de deux experts étrangers qui parlent des tendances internationales en matière de salon professionnel. Il s’agit de Gaël Pinau, PDG du Groupe International Exibitions &Conférences et Marianne Chandernagor , directrice du pôle tourisme de comexposium

 Les salons professionnels prennent de l’ampleur au sein de nombreux pays. La participation à cet événement a principalement pour but d’accroître les ventes et de souligner l’aspect marketing déployé par une entreprise. Idéalement organisés pour établir des contacts commerciaux, les salons professionnels offrent surtout la chance aux jeunes entrepreneurs et aux ambitieux de se faire connaître. Sans conteste, participer à un salon présente une multitude d’avantages pour l’entrepreneur et son entreprise.

Lotfi Mansour Directeur de tunisiatourism.infosouligne que  salons restent un levier marketing et commercial intéressant ; la question est de savoir à quels salons participer, comment et avec quel budget.  « Pour les entreprises du tourisme, dit-il la question budgétaire est encore plus déterminante depuis la chute du dinar. A ce propos, il faut distinguer deux types de salons : les salons généralistes (B2C) où l’espace Tunisie est entièrement pris en charge par l’ONTT et où les professionnels n’auront à supporter que leurs frais de voyage et de séjour et   les salons thématiques (B2B ou mixte B2C/B2B) où les professionnels doivent payer en partie ou en totalité leur stand au sein d’un espace dédié à la destination.

Dans le premier cas, on remarque encore une grande affluence des professionnels , même si l’ONTT a dû y réduire ses participations, en nombre de salons ou en espace acheté. Et c’est dans ces salons généralistes que les stands tunisiens offrent parfois le spectacle désolant d’une indescriptible cohue.Dans le second cas, on voit que le prix à payer est devenu dissuasif, y compris pour l’ONTT . ONTT et Professionnels ont dû, par exemple, suspendre pendant quelques années la participation dans le plus grand salon de tourisme d’affaires, l’IMEX à Francfort. Seuls échappent à cette règle des salons comme Thermalies (bien-être et thalassothérapie) qui se déroule actuellement à Paris, et où les participants peuvent espérer des commandes fermes (via une agence de voyages locale) ou, à défaut, la constitution de dossiers en vue d’une concrétisation ultérieure.En tout état de cause, la participation aux salons n’est plus aussi automatique qu’avant, même si ceux-ci restent encore un lieu privilégié pour un contact direct avec des clients ou des prospects. Encore faudrait-il que les participations soient préparées bien avant le salon (prises de rendez-vous…), après le salon (faire le follow-up…) et surtout pendant le salon (éviter l’encombrement, optimiser le trafic sur le stand) »

 Hakim Tounsi directeur du TO Authentique Voyages établi à Paris a indiqué que « le  passage de l’économie conventionnelle à l’économie numérique nécessite une présence dans les deux sphères. C’est coûteux, déroutant, voire déconcertant mais nous n’avons pas le choix. Tant qu’il y aura des salons il faudra continuer à y être présents. La nature a horreur du vide. Il faut continuer à participer aux salons pour garder le contact avec la profession et être informés aussi bien de ce qui ne se fait plus que de ce qui se fait de nouveau. Il faudra bien évidemment adapter l’importance de la présence en fonction des informations recueillies. Je suis pour l’innovation et le développement de la présence dans le cercle de l’économie numérique mais aussi pour garder un pied ferme dans le monde de l’économie conventionnelle. Les salons professionnels permettent de rencontrer les professionnels, d’établir des rapports personnels avec eux et de suivre l’évolution des acteurs dans les deux mondes de l’économie ».

Brahim, agent commercial dans un hôtel estime que le salon présente des avantages  pour la profession. «  Une exposition réussie permet d’attirer de nouveaux clients qui souhaiteront avoir de plus d’amples informations. Durant un salon, il est possible de générer un maximum de contacts à court terme. Il est possible de fixer plusieurs rendez-vous parmi les milliers de prospects présents qu’on n’aurait pas pu rencontrer en dehors du salon. Une participation correctement organisée offre une hausse conséquence du chiffre d’affaire. Pendant le salon, l’entrepreneur a la possibilité d’évaluer ses produits en rapport avec les besoins du marché et ses variations. Pendant le salon, on peut découvrir les nouvelles évolutions et les besoins du marché. Il est possible d’observer ses concurrents pour éventuellement apprendre d’eux et améliorer son produit ou sa prestation de service »

Sami reconnait  que, vu la baisse des budgets, la dépréciation du dinar par rapport à l’Euro et au Dollar et l’augmentation des frais de participation à ces salons, il est impératif d’opérer des choix (parfois douloureux)  et de  limiter le nombre de participation aux salons

 Ahmed agent de voyage estime que la participation à un salon touristique est inutile aujourd’hui « Cette participation, avoue t-il ,  coûte trop chère en frais de déplacements, en frais d’édition, en organisation de soirées, par rapport aux retours obtenus. »

La part des budgets consacrés aux salons a tendance à très nettement décroître aujourd’hui. Si autrefois ils constituaient l’outil principal de promotion des professionnels, ils ne représentent désormais plus que 10 à 20 % de leurs budgets marketing.

Bref, cette conférence sur la participation aux salons du tourisme abordera plusieurs thèmes dont la nouvelle architecture envisagée pour les stands, le marketing à entreprendre, les outils de communication, le mode de participation et les modèles pilotes envisageables

                                                               Kamel Bouaouina

Article paru le dimanche 25 janvier au journal le Temps

 

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