Reconversion professionnelle : De la médecine à la haute couture, le pari réussi d’Aida Andolsi

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Changer de métier ? Aida Landolsi a franchi le pas en juin2019. Médecin en gériatrie, sa reconversion l’a transformée en styliste modéliste, elle ne regrette rien : »Je suis vraiment heureuse d’avoir changé.

Aida  Andolsi, étudiante brillante en médecine  décide de donner un nouveau tournant à sa carrière et de se reconvertir dans le métier de la mode . Un véritable changement de vie et un beau challenge pour cette jeune « artiste »

La bascule s’est produite lorsqu’elle a décidé un jour de quitter le métier de médecine après des études en gériatrie à Rouen et l’ouverture de son cabinet à Tunis.  L’envie de changer s’est doublée d’un besoin de concret, avec une fascination pour l’art et la mode. Aucun regret, même si Aida, se souvient de débuts un peu difficiles  « J’étais décidée de me reconvertir et réussir un autre univers professionnel. Ceci exige du courage, de l’audace et de la détermination de réussir ce nouveau pari »

Il lui a aussi fallu accepter de redevenir une « débutante » après un parcours de 20 ans en médecine  «  j’ai décidé de changer. J’avais la force et l’expérience pour recommencer un nouveau métier surtout que je suis une grande passionnée de l’art, du dessin et de la mode depuis mon enfance » .

Adaptabilité, mobilité, flexibilité… L’évolution du monde du travail pousse à se préparer à la possibilité de changer de voie. « J’étais motivée .Mon entourage  proche m’a encouragé à cette reconversion bien que plusieurs de mes amis ont été surpris  de ce revirement professionnel .Oser, c’est la clé pour retrouver du sens bien qui ’il  peut y avoir des obstacles dans une démarche de reconversion.  J’ai  eu la force et l’expérience pour recommencer. »

Aida  a décidé d’aller au bout de ses intentions « La reconversion peut se révéler une aventure de longue haleine mais vite elle s’est inscrite dans ESMOD où elle a suivi durant trois ans des études en mode et en stylisme. je me suis  concentrée sur cette  piste et  j’ai décidé d’aller le plus loin possible . Je voulais m’offrir de nouvelles perspectives et trouver plus de sens dans mon travail » dit-elle

Totalement nouveau pour moi de me retrouver sur un banc avec des jeunes moins âgées que moi . C’était super. La motivation était là. Mais j’ai beaucoup aimé ce métier qui exige du travail, de rigueur , de relationnel et de la créativité.  Au bout de trois ans, j’ai senti   un vrai épanouissement. C’est tellement hors routine c’est très varié, je sens que ça a du sens. »

Diplôme en poche, Aida  a  appris énormément de choses : « J’ai pu acquérir des nouvelles compétences, rencontrer des nouvelles personnes, me créer un nouveau réseau professionnel et surtout lancer une marque de haute Couture « Aida » ». Ce sont les défis qui sont intéressants : se dépasser et trouver des choses nouvelles, sinon on s’ennuie. Au fur et à mesure, il y a transformation, on peaufine le projet. C’est tout l’intérêt de ces  métiers créatifs. Je définis la haute couture comme une sorte de dévouement à soi-même. L’expression d’une nouvelle part de soi. J’aime créer des surprises pour les femmes. Les aider à se sentir bien, à être belles. Je veux non seulement que mes clientes aient l’air heureux, mais qu’elles se sentent heureuses. »

Très investie, Aida a adhéré vite à un cercle de créateurs car elle voudrait aller plus loin dans ce métier tant que sur la qualité que du marketing « J’aimerai exporter ce savoir faire tunisien à l’étranger. Les tunisiennes ont leur mot à dire dans la haute couture alors pour quoi ne pas internationaliser nos créations en Europe.  Ce métier est devenu  une passion pour moi. Je vis « la mode ».  J’ai lancé  vite ma première ligne de vêtements féminins. Les gens viennent me voir , ils veulent une création originale, authentique. J’y apporte ma touche personnelle. C’est un pari réussi pour moi et ma famille qui a cru en mes compétences  .Tout est possible, il faut juste se donner les moyens pour y arriver et surtout toujours garder en tête que la réussite ne dépend que de soi »

 

                                      Kamel Bouaouina

Article paru au journal le Temps le 4 février 2020

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