Des conseillers municipaux de Nabeul appellent à une gestion participative plus équitable de l’action communale

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Pas moins de neuf conseillers de la Commune de Nabeul représentant le Front populaire, le Parti destourien libre, le Tayar, les indépendants de Nabeul dans mon cœur et la Coalition civile ont invité les journalistes, le samedi 20 juin 2020, à une conférence de presse pour faire le point de la situation au Conseil municipal jugée, selon leurs dires, peu propice au travail collégial tel qu’il figure dans le Code des collectivités locales. Ce qui, de toute évidence, impacte, négativement, l’action municipale et dessert la ville de Nabeul.

Toujours selon eux, ils sont, toujours, prêts à s’impliquer dans les activités du Conseil, mais se voient, presque continûment, refuser l’accès aux sphères de décision. Ils ont rappelé que lors de la répartition des tâches à la toute première plénière du Conseil fraîchement élu, le tandem dominant Nida-Nahdha et leurs affidés ont enfreint les dispositions du Code des collectivités qui prévoit la représentativité proportionnelle et ont opté pour les élections par leurs pairs des futurs présidents de commissions. La question a été portée devant les tribunaux et les procédures judiciaires suivent encore leurs cours.

Ce tri sélectif basé sur l’établissement de quotas partisans qui arrangent les deux pôles prépondérants et récompensent les listes qui leurs sont acquises ankylose l’action municipale, favorise l’exclusion et la désunion au sein du Conseil, marginalise les compétences et consacre les conflits d’intérêts dus, notamment, au cumul des responsabilités par un seul conseiller comme ce qui est le cas pour le président de la commission des finances qui contrôle une autre commission et se trouve être, également, trésorier de l’Association de l’Animation et des Festivals.

Si on ajoute à cela l’absence de conseiller en charge de la communication, le grand vide qui caractérise la commission de la propreté, le timing inapproprié des réunions municipales, les projets à l’arrêt en dépit de la disponibilité des allocations financières, la nécessité absolue et urgente de mettre à jour un règlement intérieur frisant la désuétude comme dénoncé dans une correspondance de l’ancienne gouverneure…

 

On saisira, aisément, les raisons pour lesquelles la ville est dans l’état où elle se trouve actuellement et le pied de nez cinglant aux principes les plus élémentaires de bonne gouvernance. On comprendra, également, les raisons qui ont poussé l’ancienne présidente madame Houda Skandaji vers la porte de sortie, elle qui voulait s’interposer à ces pratiques d’une époque révolue et assumer ses prérogatives de maire fédérateur des membres du Conseil et serviteur des citoyens afin de répondre aux attentes des électeurs qui sont, à ce jour, loin d’être satisfaites. Ils n’ont, d’ailleurs pas manqué de lui rendre un vibrant hommage ainsi qu’au délégué de la ville qui, selon eux, sans ses interventions énergiques, l’action municipale serait nulle.

Au vu de tout ce qui a été étalé dans cette rencontre avec les journalistes, in fine, c’est le citoyen qui paie cash et c’est Nabeul qui perd en matière de développement global et d’entretien de l’infrastructure déjà existante. Les conseillers mécontents estiment pouvoir apporter quelque chose à la ville pour peu que la perche leur soit tendue. A la question « pourquoi avoir attendu deux ans pour réagir à cet état de fait », la réponse donnée impute ce retard au changement survenu, entre-temps, au niveau de la présidence du Conseil.

 Rached Khayati 

Photos Rached Berrazagua

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