Zohra Lajnef enchante le public à Hammamet

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Après une ouverture grandiose célébrant le 63ème anniversaire de la proclamation de la République, avec la participation de l’Orchestre Symphonique Tunisien du Théâtre de l’Opéra de Tunis, sous la baguette du Maestro Mohamed Bouslama, « Sahriyet été 2020 à Hammamet » se poursuivent avec au programme de la seconde soirée, dimanche 26 juillet 2020, Zohra Lajnef, la chanteuse tunisienne à la voix puissante et voluptueuse et dont le répertoire puise ses racines au plus profond de notre patrimoine arabo-africain.


Sous le ciel étoilé de cette ville ensorceleuse et sur la majestueuse scène du théâtre de plein air du Centre Culturel International de Hamammet, Zohra Lajnef, a d’emblée emporté le public dans des contrées lointaines à la rencontre des hommes et des femmes qui ont de tout temps célébré la vie avec des chants profonds et raconter leur existence dans tous ses états avec le chant et le rythme tantôt langoureux, tantôt effréné. Tout de blanc vêtue et avec une aisance remarquable, Zohra Lajnef a enchainé les nouveaux titres et les plus célèbres parmi les anciens dans un voyage musical captivant où les sonorités et les rythmes se croisent et se mêlent dans un métissage qui en dit long sur la démarche musicologique de cette artiste dont l’œuvre ne reconnait point les frontières.


Après « Wahran » une entrée instrumentale interprétée par son orchestre de 15 artistes y compris les choristes, Zohra a offert au public de Hammamet « Ritek Ajab » suivi de « Hamma Wya Lili », une chanson qui a donné son nom à ce spectacle et dont l’inspiration plonge dans les tréfonds de la culture berbère.
Zohra Lajnef a poursuivi la soirée en diversifiant les modalités rythmiques et en revisitant son répertoire au bonheur d’un public averti, en dédiant des titres à plusieurs de ses maitres dont Mohamed Saada et Hafsa Mhadhbi pour lesquels elle a interprété « Chared Al Ghazel » et « Ritek Ajab » une œuvre écrite et composée par elle-même.
Artiste dans sa démarche, dans ses recherches et dans son inspiration, Zohra Lajnef est en perpétuelle évolution, défonçant les portes scellées de notre patrimoine pour en extraire les plus belles mélodies, tout en osant des nouveaux styles qui confèrent à sa musique une fraicheur exaltante. « Chama », « Sagouh rehal », « La Mel Yjina », « Lin Tah ellil » et tant d’autres perles qui ont émerveillé l’assistance et bercer les oreilles les plus initiés.

Zohra Lajnef a encore une fois prouvé que ses récitals ne sont pas une simple succession de chansons mais ressemblent à un exercice mémoriel qui remet en mouvement des pépites perdues. Chaque année, c’est une quête nouvelle et des chants exhumés de l’oubli qui sont présentés au public avec le cachet propre de l’artiste qui à elle seule est devenue un conservatoire des terroirs. « Hamma ou ya layali » est un hommage à la diversité, une ode à la vie et une révérence à tous ceux qui nous ont légué les richesses patrimoniaux qui font aujourd’hui notre fierté et fondent notre identité plurielle.

Photos Mohamed Fliss

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